ONÉSIME,

L'ESCLAVE FUGITIF


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 Lire l'Épître à Philémon

"Onésime, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres".

Colossiens 4:9.

Dans le Nouveau Testament plusieurs écrits sont adressés à des individus. L'évangile selon Luc est dédié au "très excellent Théophile". Le but de ce récit est que ce personnage connaisse la certitude des choses dont il a été instruit. Luc raconte, avec beaucoup de détails, l'histoire merveilleuse du Seigneur Jésus. Il s'agit dans cet évangile d'une succession de choses arrivées. C'est ainsi que nous lisons: "Or il arriva, en ces jours-là, qu'un décret fut rendu de la part de César Auguste..." (chap. 2:1); "Et il arriva que, comme tout le peuple était baptisé..." (chap. 3:21), "Et il arriva qu'en les bénissant..." (chap. 24:51). On pourrait ainsi multiplier les exemples. La naissance du Seigneur Jésus nous est rapportée, comment Il n'eut pas de berceau mais fut simplement emmailloté et couché dans une crèche (chap. 2:7). Pendant l'accomplissement de Son ministère, Jésus n'eut pas non plus "de lieu où reposer Sa tête" (Matthieu 8:20). Pour mourir le Fils de l'homme n'eut pas un lit; Il a expiré entre le ciel et la terre, sur une croix. Quel amour!

Le livre des Actes des Apôtres est aussi écrit par Luc, le médecin bien-aimé. Ce livre est comme le précédent adressé à Théophile. Mais ici nous devons remarquer, que le "très excellent Théophile" après avoir lu tout ce que le Seigneur Jésus "commença de faire et d'enseigner", n'a plus voulu qu'on lui donnât son titre. Il avait par conséquent bien compris l'enseignement contenu dans le premier traité. Aussi Luc l'appelle-t-il "Théophile" tout simplement.

Les épîtres à Timothée sont aussi adressées à un individu. Timothée allait être laissé seul. Paul allait quitter cette terre. La deuxième épître constitue une lettre d'adieu excessivement touchante. Timothée était jeune, timide. Il avait une santé assez précaire. Les encouragements que l'apôtre prodigue à son enfant dans la foi sont des plus précieux. Paul rappelle que Dieu "ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d'amour, et de conseil", (2 Timothée 1:7). Ces trois choses, la puissance, l'amour et le conseil (ou sobre bon sens) nous font penser aux vêtements du souverain sacrificateur, si minutieusement décrits dans le Livre de l'Exode. A l'amour correspond le pectoral. Au conseil répondent les urim et les thummin. A la puissance se rattachent les épaulières.

L'épître à Tite est aussi de l'apôtre Paul. Elle a pour but l'encouragement de Tite, comme aussi il s'agit de l'ordre et de la saine doctrine.

La deuxième épître de Jean est écrite à une femme, "la dame élue". Mais ici il est toutefois ajouté "et à ses enfants". Qui était cette femme? C'est ce que nous ignorons. Peut-être était-elle une de ces femmes "de premier rang" dont il est parlé ailleurs. De toute manière cette dame élue était une personne hospitalière. A cause même de cela elle devait être mise en garde. Dans la première épître de Jean, nous voyons que "plusieurs antichrists sont sortis" (1 Jean 2:18). Aussi, avant d'ouvrir sa porte et de recevoir quelqu'un chez elle, la dame élue doit exiger la présentation d'un passeport parfaitement en règle. "Apportes-tu la doctrine de Christ"? S'il en est ainsi le visiteur peut entrer. S'il n'en est pas ainsi, la porte doit être résolument fermée. N'oublions pas que dans une maison, une visite peut faire beaucoup de bien, mais aussi beaucoup de mal. La maison du chrétien est un endroit privilégié et béni où Satan désire ardemment avoir une place. Cher lecteur ne vaut-il pas la peine de penser à cela?

La troisième épître de Jean est adressée à Gaïus. Peut-être celui-ci était-il malade. Aussi l'apôtre de lui dire: "Bien-aimé, je souhaite qu'à tous égards tu prospères et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère". Mais parlons de l'épître de Paul à Philémon. Elle est individuelle, dans ce sens que les exhortations qu'elle renferme sont adressées à un individu. Dieu s'est occupé dans les différents écrits que nous venons d'examiner de ce que l'on pourrait appeler la classe élevée de la société, les grands de la terre. Avec l'épître à Philémon Dieu va s'occuper non point d'un "très excellent", d'une "dame élue", mais d'un pauvre esclave fugitif, d'un esclave en rupture de ban. Le soleil qui fait mûrir la moisson, caresse aussi de ses rayons bienfaisants l'humble fleurette dissimulée derrière le brin d'herbe. Car pour Dieu il n'y a pas de différence. Le même Seigneur est riche envers tous ceux qui l'invoquent.

Paul était un prisonnier de Jésus Christ. Il s'adresse à Philémon qu'il appelle: "le bien-aimé et notre compagnon d'oeuvre". Philémon habitait Colosses. C'était un homme remarquable. L'apôtre l'appelle un bien-aimé. Ah ! comme il faisait bon vivre dans sa compagnie, sous son influence. Il était compagnon d'oeuvre avec Paul et le frère Timothée et cela est plein de signification quand nous pensons au labeur du grand apôtre des Gentils.

Philémon ne se trouvait pas placé sous un joug mal assorti. Il y a tant de personnes qui, hélas ! se trouvent dans ce cas. La soeur Apphie était la compagne de Philémon et c'est une bonne chose d'avoir une même pensée et un même sentiment pour faire ensemble le voyage de la vie. Que de ménages malheureux nous voyons autour de nous! Notez-le bien, ici rien d'analogue. Philémon le bien-aimé marchait la main dans la main avec la soeur Apphie. Il est ensuite question d'Archippe. C'est un compagnon d'armes. D'ailleurs, vous le remarquerez, dans cette très courte lettre il est question de compagnons d'oeuvre (v. 1 et 24), de compagnon d'armes (v. 2), et de compagnon de captivité (v. 23). Archippe était un frère qui combattait le bon combat. Tout combat n'est pas le bon combat. Mais voyez ce que dit l'Écriture à ce sujet. Elle parle des "armes de la justice de la main droite et de la main gauche". "Nous ne combattons pas selon la chair, car les armes de notre guerre ne sont pas charnelles". L'apôtre Paul lui-même a pu dire: "J'ai combattu le bon combat". Eh ! bien, Archippe était un compagnon d'armes avec l'apôtre. C'était un homme qui ne s'embarrassait pas "dans les affaires de la vie afin qu'il plaise à Celui qui l'a enrôlé pour la guerre".

Enfin la lettre est destinée "à l'assemblée qui se réunit dans sa maison". Quelle était cette assemblée? Philémon comme nous l'avons dit habitait à Colosses. Et l'assemblée dont il est parlé est l'assemblée de Dieu dans cette ville. Nous lisons en effet ailleurs: "Onésime, le fidèle et bien-aimé frère, QUI EST DES VÔTRES" (Colossiens 4:9). C'était un immense privilège pour Philémon de recevoir l'assemblée dans sa maison. A quoi bon posséder une maison richement meublée si on ne la met pas à la disposition du Seigneur et de ceux qu'Il envoie? Quelqu'un dira peut-être: "Je suis très limité dans l'exercice de l'hospitalité". Mais, la question est celle-ci: Aimons-nous recevoir les frères? Philémon avait ouvert sa maison à l'assemblée et nous verrons plus loin que Paul lui demande de lui préparer un logement. C'est ainsi, que de temps en temps on voyait des personnes se diriger vers cette demeure. De quelles personnes s'agissait-il? De celles qui composaient l'assemblée. Le premier jour de la semaine, on entendait chanter "des hymnes, des cantiques spirituels". Ces gens chantaient de leur coeur à Dieu dans un esprit de grâce. Il y avait la fraction du pain, car si l'assemblée se réunit pour rendre culte à Dieu, elle se réunit aussi "pour rompre le pain" (Actes 20:7). C'est ainsi que les croyants se souviennent du Seigneur Jésus dans Ses souffrances et dans Sa mort. Il y avait aussi la prière... la prière avec des actions de grâces. Ah ! quelle maison que celle de Philémon. Oui, quel privilège que de se trouver placé sous une influence si heureuse et si bénie.

Aussi l'apôtre Paul adresse à Philémon, à la soeur Apphie, à Archippe et à l'assemblée la salutation et du Père et du Fils: "Grâce et paix à vous de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ". L'apôtre dit ensuite: "Je rends grâces à mon Dieu, faisant toujours mention de toi dans mes prières, apprenant l'amour et la foi que tu as envers le Seigneur Jésus et pour tous les saints" (v. 4 et 5); Paul priait pour Philémon non pas de loin en loin, mais avec cette assiduité que seul donne l'amour. Sommes-nous constants dans nos prières? Pouvons-nous dire que nous faisons dans nos prières, toujours mention des bien-aimés du Seigneur? Cela nous rappelle l'exhortation de l'épître aux Éphésiens: "Priant par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l'Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance et des supplications pour tous les saints". Ce qui réjouissait le coeur de Paul c'était l'amour et la foi que Philémon avait "envers le Seigneur Jésus et pour tous les saints". Qui sont les saints? Écoutez ce que dit un disciple, nommé Ananias, au Seigneur, au sujet de Saul de Tarse: "Seigneur, j'ai entendu parler à plusieurs de cet homme, combien de maux il a faits à tes saints" (Actes 9:13). Les croyants sont "les saints". Quel titre! D'autres Écritures nous disent que les croyants sont des "chrétiens", ou des "enfants de Dieu". Mais souvenons-nous que Dieu appelle "les saints" ceux qui ont placé leur confiance dans le Sauveur. Mais pourquoi ceux qui sont à Christ sont-ils des "frères saints"? Parce que "Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d'un".

Philémon aimait donc Christ et il aimait les frères. D'ailleurs les deux choses vont toujours ensemble. Aimer Christ c'est toujours aimer les frères. L'amour fraternel est inséparable du premier amour. De plus, l'amour pour le prochain ne faisait nullement défaut chez Philémon. Nous avons vu que Paul l'appelle son compagnon d'oeuvre. Comme tel Philémon aimait les pécheurs. Il avait pour eux un intérêt vrai, profond, réel.

Aussi au verset 7 l'apôtre parle d'une "grande joie" et d'une "grande consolation". Le fait que "les entrailles des saints" étaient "rafraîchies" nous fait penser à toute la bénédiction que Philémon apportait à l'assemblée. Peut-être exerçait-il un ministère particulièrement béni? De toute manière les affections des saints étaient réveillées pour le Seigneur. Vous remarquerez, cher lecteur, qu'il est trois fois fait mention des entrailles dans cette courte lettre (v. 7, 12 et 20). Or, nous savons, que dans la Parole de Dieu, les entrailles nous parlent d'amour. Voyez au chapitre 1er de l'évangile selon Luc: "les entrailles de miséricorde de notre Dieu" (v. 78). Écrivant encore aux chers Colossiens, l'apôtre Paul les exhorte à se revêtir "comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d'entrailles de miséricorde, de bonté..." (chap. 3:12). Cette épître à Philémon porte donc un cachet délicieux d'amour; elle respire les affections les plus tendres et les plus délicates. Ah! que le Seigneur nous accorde d'être, comme autrefois Philémon, en bénédiction pour ceux avec lesquels nous partageons l'opprobre de Christ. Souvenons-nous toujours que nous sommes pour les hommes soit une aide, soit une entrave.

Il y avait toutefois dans la maison de Philémon un homme qui n'était pas heureux. C'était un esclave. Son nom était Onésime. Vous savez ce que ce nom veut dire? Il signifie "utile" ou "profitable". Onésime aurait dû être cela pour son maître. Nous allons voir qu'il n'en a pas été du tout ainsi. Quelle joie cela aurait dû être pour Onésime d'appartenir à Philémon. Ce dernier devait traiter ses esclaves avec bonté. N'avons-nous pas lu qu'il était "compagnon d'oeuvre" avec l'apôtre? C'est d'une manière digne du Seigneur que ce maître devait agir à l'égard de ceux de sa maison. Oui, Dieu nous a enseigné à aimer notre prochain; et je ne doute pas un instant que Philémon réalisait cela. Si Philémon avait des droits incontestables sur Onésime, il le traitait, non pas comme les païens traitaient leurs esclaves, mais avec douceur, ayant renoncé aux menaces, comme un homme qui sait que "leur maître" et le sien, "est dans les cieux, et qu'il n'y a pas d'acception de personnes auprès de Lui". (Éphésiens 6:9).

Arrêtons-nous ici un instant, cher lecteur. Avez-vous jamais pensé que Dieu a des droits sur vous? Quels droits? dites-vous. Des droits, en premier lieu comme Créateur. C'est Dieu qui vous a fait et non pas vous. De plus, Dieu vous conserve car Il est le Conservateur de tous les hommes. Vous êtes chaque jour l'objet de la fidèle bonté de Dieu. Vous recevez tout de Sa main. Peut-être que vous ne le réalisez pas et que vous ne Lui rendez pas grâces pour la nourriture, ni pour le vêtement, mais cela ne change rien à la chose. Vous n'avez rien apporté en venant dans ce monde et vous recevez tout journellement de Sa bonté. Aussi, ami lecteur, si vous n'aviez pas encore reconnu les droits que Dieu a sur vous, n'attendez pas, je vous en prie, pour le faire.

Mais poursuivons notre sujet. Onésime reconnaissait-il qu'il avait à faire à un bon maître? Appréciait-il sa douceur? Jouissait-il de sa bienveillance, de son équité? Non! Onésime ne réalisait ces choses en aucune manière. Et même je crois pouvoir vous dire qu'Onésime était profondément malheureux dans la maison de Philémon. Le monde n'aime pas la piété. Eh! quoi? Vivre toujours dans la compagnie de gens qui ne jurent pas, ne menacent pas, ne blasphèment pas! Jamais de colère, ni de courroux! Point de malices, d'injures et de paroles honteuses! Pas de crierie ni d'amertume ni de paroles folles! Pas de plaisanterie! Mais au contraire dans la maison de Philémon on chantait des cantiques, on priait, on louait Dieu. Chacun sera obligé de reconnaître que ce que ce monde aime ne se trouvait pas chez Philémon. Par contre ce que le monde n'aime pas s'y trouvait abondamment.

Il avait, je crois, un jour de la semaine où l'esclave Onésime se trouvait particulièrement malheureux chez son maître. Ce jour, vous l'avez pensé, c'était celui que nous appelons le dimanche - le premier jour de la semaine - la journée dominicale. Ah! si seulement le travail s'était poursuivi ce jour-là! Mais non! Les possesseurs d'esclaves qui étaient païens ne tenaient aucun compte du jour du Seigneur. Jamais ils n'accordaient un jour de repos à leurs serviteurs. Mais il n'en allait pas ainsi chez Philémon. Nous avons vu que l'assemblée des Colossiens se réunissait dans la maison de Philémon. Alors c'était la célébration de la Cène. Le souvenir du Seigneur, le rappel des immenses bénédictions que Sa mort apporte aux croyants, l'annonce à la face du monde du crime des hommes et de la défaite de Satan, la proclamation du prochain retour du Sauveur glorifié. Oui, Onésime n'aimait pas du tout cela. Le premier jour de la semaine est souvent, très souvent pour les "Onésime", c'est-à-dire pour ceux qui ne connaissent pas le Seigneur Jésus, le jour le plus triste et le plus misérable.

Aussi cet esclave de Philémon n'eut plus qu'une pensée: celle de fuir. Fuir où? Loin, bien loin de cette maison et de ces gens dont la piété réelle et vivante était pour Onésime un fardeau absolument insupportable. Quelqu'un est-il venu chez Philémon et a-t-il parlé de Rome avec Onésime? Peut-être. Rome était une ville grandiose. C'est la ville aux sept collines. La cité aux monuments imposants, magnifiques. Tout concourait à Rome aux plaisirs des yeux. Il y avait aussi les jeux du cirque, les combats de gladiateurs. Tout cela a produit sur l'esprit de l'esclave un effet prodigieux. Et un jour Onésime est parti. Beaucoup de jeunes gens sont ainsi allés dans le monde. Ils ont porté leurs pas vers la grande ville. Hélas! combien souvent on va cacher sa misère morale dans le gouffre des capitales. On échappe de cette manière à la honte du village. Un jour on s'enquiert au sujet de tel jeune homme ou de telle jeune fille. La réponse est: "Il est parti" ou "Elle est partie". Très souvent, on n'entendra plus jamais parler d'eux. Que dites-vous, lecteur, de cette noire ingratitude à l'égard des parents éplorés?

Ainsi aussi les hommes, tous les hommes se sont éloignés de Dieu, de Celui qui a de justes droits sur chacun de nous et qui a toujours usé envers nous d'une si merveilleuse bonté. Adam, le premier, a quitté cette position heureuse dans laquelle Dieu l'avait placé. Caïn, son fils, a inauguré ce que dans le langage chrétien on appelle "le monde". Adam a préféré aux beautés de l'innocence, la convoitise des yeux, celle de la chair et l'orgueil de la vie. Et, je m'empresse de le dire, toute l'immense famille humaine a marché sur les traces de son chef. De sorte que par nature, vous et moi, mon cher lecteur, nous nous sommes éloignés de Dieu. A moins que la grâce de Dieu ne nous rencontre, nous sommes destinés à périr misérablement dans le pays éloigné.

Pour aller à Rome, il fallait des ressources. Rome était fort éloignée de Colosses. Le seul désir de se trouver au sein des joies coupables de cette cité infâme ne suffisait pas. Comment aller dans une ville si distante si l'on ne dispose pas d'argent? C'est impossible. Alors, Onésime a fait une chose: il a pris ce qui appartenait à son maître. Il est devenu voleur. Quand on aime le mal, on se trouve placé sur une pente étrangement glissante. On ne recule bientôt plus devant aucun moyen pour satisfaire ses désirs insensés. Combien sont devenus voleurs pour satisfaire leurs passions du jeu, l'amour des cartes, ou du champ de courses, le goût de la boisson. Il y a peut-être un déserteur comme Onésime parmi ceux qui liront cet écrit. Onésime pensait qu'il se trouverait tellement plus à l'aise, tellement plus libre dans l'air vicié de Rome que dans la maison de Philémon,-que, pour mettre à exécution son projet, il n'a pas hésité à s'emparer du bien de celui qui pourtant avait été toujours pour lui si juste et si bon.

Savez-vous, lecteur, que les hommes aussi partent dans le monde emportant avec eux de précieux trésors. Ils partent avec des choses excessivement précieuses et qui ne leur appartiennent en aucune manière. Que sont ces trésors? La vie, la santé, la jeunesse, sont autant de biens que l'homme s'en va gaspiller, disperser, dilapider dans le sombre pays du péché.

Je pense à la douleur réelle de Philémon le soir du jour mémorable où la disparition d'Onésime a été constatée. "Il est parti", lui aura-t-on dit. Quelle peine pour un maître si équitable. Je suis absolument certain que Philémon n'a pas été insensible à cette perte. Croyez-vous que Dieu a été insensible au fait que les hommes se sont éloignés de Lui? Non. Dieu n'a pas été indifférent à cela. "Cieux, soyez étonnés de ceci, frissonnez, et soyez extrêmement confondus, dit l'Éternel. Car Mon peuple a fait deux maux: ils M'ont abandonné, Moi, la Source des eaux vives...". Est-ce là le langage de quelqu'un qui est insensible ou indifférent? Dieu s'intéresse profondément à chaque homme. La preuve que Dieu s'intéresse au pécheur et qu'Il a mesuré toute la distance qui le séparait, désormais de Sa créature, c'est qu'Il a donné Son Fils unique. Il en a beaucoup coûté à Dieu de nous donner Son Fils, mais, lecteur, c'est parce qu'IL VOUS AIMAIT

Philémon a prié pour son fugitif. Chers parents chrétiens, prenez courage. Ne cessez pas de prier pour vos déserteurs. "La fervente supplication du juste peut beaucoup". Prions pour ceux qui ont déserté les réunions et qui sont partis dans le monde. Dans l'immense foule qui composait la population de la capitale romaine, Dieu voyait Onésime et Il entendait les prières des siens qui de Colosses, montaient vers Lui, en faveur du coupable.

Onésime a rencontré Paul. Nous ignorons les circonstances qui ont amené cette rencontre. Paul était un prisonnier de Jésus-Christ. Nous voyons, à la fin du livre des Actes, comment Paul "demeura deux ans entiers dans un logement qu'il avait loué pour lui, et il recevait tous ceux qui venaient pers lui". Il demeurait gardé par un soldat. C'est à ce moment-là que l'apôtre écrivait l'épître aux Philippiens et plus tard celle aux Colossiens. Dans la première il a parlé fréquemment de ses liens (voir chap. 1:7, 13, 14, 17). Dans l'épître aux Colossiens Paul écrira parlant du mystère du Christ: "...mystère pour lequel aussi je suis lié" (chap. 4:3) et encore: "...Souvenez-vous de mes liens" (chap. 4:18). Paul était un "vieillard". Quelle scène touchante a dû se dérouler à Rome lorsqu'eut lieu la rencontre d'Onésime le fugitif et de Paul le prisonnier de Jésus-Christ. Voilà l'homme Paul, qui a pu dire écrivant aux Corinthiens: "car l'amour du Christ nous étreint... nous sommes donc ambassadeurs pour Christ... nous supplions pour Christ: Soyez réconciliés avec Dieu". Onésime est maintenant en présence de cet ambassadeur de Christ. Au chapitre 11 de la deuxième épître aux Corinthiens nous voyons que l'apôtre Paul a souvent été en prison: "Dans les prisons surabondamment" écrit-il. A Philippes se trouvant avec Silas: "Sur le minuit, Paul et Silas en priant, chantaient les louanges de Dieu". Ces deux serviteurs de l'Évangile étaient dans la prison intérieure "leurs pieds fixés sûrement dans le bois" (Actes 16:24-25). Mais le Seigneur était le sujet des louanges de Paul et de son compagnon, comme aussi l'objet de leurs conversations. Paul a su parler de son Sauveur en termes touchants, au malheureux Onésime. Il est là celui qui a pu dire, s'adressant aux Galates: "...vous devant les yeux de qui Jésus-Christ a été dépeint, crucifié" (chap. 3:1). Paul a montré au pécheur le Seigneur mourant sur la croix, la face couverte de crachats, la tête couronnée d'épines et, par-dessus tout, rencontrant la colère de Dieu à l'égard du péché.

L'esclave Onésime écoute et regarde. Bientôt il entre dans la voie des aveux. Il confesse ses fautes. Alors Paul lui montre que Christ a pris sa place sous les ardeurs du courroux divin. Et c'est l'heure de la conversion du fugitif. Heure bénie entre toutes. Heure du salut qui met le ciel en joie. Et cette joie du ciel, Onésime pouvait en contempler le reflet sur les traits de l'apôtre, le prisonnier de Rome, le vieillard en captivité.

Maintenant Onésime doit retourner chez Philémon à Colosses. Le chemin pour lui est clairement tracé. Il doit revenir là d'où il est parti... chez ce maître qui ne lui a jamais fait que du bien et qu'il a, lui Onésime, méconnu et affligé si douloureusement. Comment Onésime reparaîtra-t-il chez Philémon qu'il a offensé? Toute la question est là. CETTE COURTE HISTOIRE D'UN ESCLAVE COUPABLE ILLUSTRE LA GRÂCE DONT LE CROYANT EN JÉSUS EST À PRÉSENT L'HEUREUX OBJET. Onésime ira à Colosses mais il paraîtra là avec un titre nouveau. Laissons toutefois parler l'Écriture. Écoutez ce que dit Paul: "Je te prie pour mon enfant que j'ai engendré dans les liens" (v. 10). Onésime emportera avec lui une lettre. Appelez-la, si vous voulez, "une lettre de recommandation". Cette lettre lui assurera, à son retour, une cordiale et heureuse réception. Paul appelle le nouveau converti "mon enfant". Or vous savez, mon cher lecteur, comment nous devons accueillir les enfants de ceux que nous aimons... exactement comme nous recevrions les parents eux-mêmes. Ce que l'on fait en effet à un enfant, c'est comme si on le faisait aussi à ses parents. Philémon recevra Onésime comme il recevrait le grand apôtre des Gentils lui-même. Et ne croyez-vous pas, que lorsque Philémon, lisant et relisant la lettre apportée par Onésime, arrivera à cette expression: "que j'ai engendra dans les liens",-ne croyez-vous pas qu'il verra là-bas, loin, bien loin, à Rome le détenu, le prisonnier de l'Évangile?

Il faut nous arrêter ici un instant. Quand le pécheur arrive devant Dieu, après avoir passé à la croix du Calvaire, il a une lettre de recommandation écrite par le Seigneur Jésus Lui-même. Alors, le coeur de Dieu se trouve placé en face de la croix où Son Fils a tellement souffert pour le coupable. Et Dieu doit à Christ de recevoir le pécheur repentant.

"...Onésime, qui t'a été autrefois inutile, mais qui maintenant est utile à toi et à moi, lequel je t'ai renvoyé,-lui, mes propres entrailles" (v. 11 et 12). Onésime veut dire "utile". L'esclave dont nous parlons n'avait pas été cela pour son maître. De la même manière le péché nous avait rendus inutiles. Voyez ce que dit l'apôtre dans l'épître aux Romains: "Ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble rendus inutiles" (chap. 3:12). Mais, remarquez, cher lecteur, ces deux petits mots: "autrefois" et "aujourd'hui" ou "maintenant". N'est-ce pas merveilleux de pouvoir être utile et à Christ et à Dieu? Un esclave de Satan devient par grâce un esclave de Jésus-Christ; un émissaire de Satan devient un messager de Dieu. L'homme est ainsi renvoyé à Dieu pour Le servir, L'adorer, Le glorifier, Lui rendre témoignage. Onésime de retour chez Philémon a été utile comme nous le voyons dans l'épître de Paul aux Colossiens. "Le fidèle et bien-aimé frère qui est des vôtres": c'est ainsi que s'exprime l'apôtre. Onésime a pu dire à Colosses tout ce que le Seigneur avait fait pour son âme. Il a marché dans l'amour et a été manifesté comme étant fidèle.

"Moi, j'aurais voulu le retenir auprès de moi, afin qu'il me servit pour toi dans les liens de l'évangile; mais je n'ai rien voulu faire sans ton avis afin que le bien que tu fais ne fût pas l'effet de la contrainte, mais qu'il fût volontaire" (v. 13 et 14). Ici, nous remarquerons, que c'est une chose agréable à Dieu de recevoir le pécheur qui est passé par la croix du Calvaire. N'est-il pas dit: "Voici, c'est maintenant le temps agréable"? Pour Dieu c'est une chose agréable que de bénir un pécheur. Le père, dans la parabole du chapitre 15 de l'évangile selon Luc, ne courut-il pas à la rencontre du fils prodigue? Oui, le bien que Dieu fait est volontaire et non pas l'effet de la contrainte. "C'est par cette volonté que nous avons été sanctifiés..."

"Car c'est peut-être pour cette raison qu'il a été séparé de toi pour un temps, afin que tu le possèdes pour toujours" (v. 15). Ah! Satan, dans la terre d'Éden a ravi l'homme à Dieu. Il a voulu priver le Créateur de Sa créature. De nos jours Satan ravit les enfants quand ils parviennent à l'adolescence. Il les entraîne dans l'incrédulité et les plaisirs mondains. Mais la conversion rend ces malheureux captifs de Satan à Dieu. L'oeuvre de Christ les rend au Père pour toujours et: "personne ne peut les ravir" de la main du Père. Ici nous trouvons donc encore un frappant contraste: "pour un temps" est mis en opposition avec "pour toujours".

"...Non plus comme un esclave, mais au-dessus d'un esclave, comme un frère bien-aimé, spécialement de moi, et combien plus de toi, soit dans la chair, soit dans le Seigneur" (v. 16). Si l'homme est tombé dans le péché, maintenant sauvé par grâce il est revêtu des vêtements du salut. Il est couvert de la robe de la justice. Onésime était parti comme un esclave. Sa réception dans la maison de Philémon sera celle d'un frère. L'homme est sauvé et il est introduit devant Dieu avec un titre nouveau; c'est un enfant de Dieu. Il est héritier de Dieu et cohéritier de Christ.

"Si donc tu me tiens pour associé à toi, reçois-le comme moi-même" (v. 17). Dieu le Père et notre Sauveur Jésus-Christ ont toujours été "un" dans cette grande entreprise que constitue le salut d'un pécheur perdu. Un poète a dit parlant de cette unité du Père et du Fils dans la poursuite de leurs desseins de grâce à l'égard de l'homme déchu: "Un avec Lui dans Sa puissance- un avec Lui dans Son amour". Lisez, cher lecteur, le psaume 40: "C'est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir". Encore le Seigneur Jésus a pu dire: "Ma viande est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé". Le pécheur lavé dans le sang de l'Agneau est reçu par Dieu comme Christ Lui-même. Avez-vous pensé à la manière dont Philémon aurait reçu Paul? Sans aucun doute il l'aurait fait d'une manière digne de Christ. Voyez-vous la scène! Le fondateur de tant d'assemblées est là, et Philémon avec émotion dépose sur le front du vieillard un saint baiser. Comment Dieu a-t-il reçu le Sauveur après le triomphe de la croix? Le ciel écarte ses voiles pour nous montrer la réception qui fut faite au Vainqueur du lieu du Crâne. Christ a été "salué par Dieu souverain sacrificateur selon l'ordre de Melchisédec". Onésime l'ingrat, le fugitif, l'indélicat, l'esclave sans conscience et sans coeur doit être traité comme l'aurait été Paul lui-même. Écoutez la prière du Seigneur: "Père, je veux, quant à ceux que tu m'as donnés, que là où moi je suis ils y soient aussi avec moi...". Christ n'a pas désiré moins que cela pour les siens. Nous serons avec le Seigneur dans la lumière de la Maison du Père. Le Père et le Fils sont pleinement d'accord pour nous donner une telle part.

"Mais, s'il t'a fait quelque tort ou s'il te doit quelque chose, mets-le moi en compte" (v. 18). L'esclave avait fait un tort évident à Philémon. Qui réglera le dommage? Qui répondra pour le fugitif insolvable? Onésime a tout dépensé à Rome. Maintenant il est totalement incapable d'indemniser son maître pour le préjudice réel qu'il lui a causé. Paul s'engage à payer pour Onésime qu'il a engendré dans les liens. Eh! bien, ici encore nous avons l'évangile. Le grand prisonnier de l'amour c'est Jésus. Voyez-Le les mains liées, voyez-Le les mains percées. Il a porté nos péchés en Son corps sur le bois. Dieu a fait venir sur Lui les iniquités de nous tous. Christ a payé la dette que nous avions contractée envers Dieu par nos transgressions et notre impiété. Comme Onésime nous étions insolvables. Comme le fils prodigue nous avions tout dépensé dans le pays éloigné. Nous étions incapables de verser le plus modique acompte. Et à combien plus forte raison nous ne pouvions solder notre compte. Christ a été sur la croix notre divin répondant et voilà pourquoi Il fut abandonné de Dieu. Pendant les trois heures d'obscures ténèbres mon compte était examiné à la lumière scrutatrice de la justice et de la sainteté de Dieu. Rien n'était omis. Rien n'était diminué, amoindri. Et ma dette fut soldée jusqu'à la dernière pite. Ce que je devais à Dieu a été entièrement réglé. Les comptes des hommes portent parfois cette mention: "sauf erreur ou omission". Si devant Dieu il n'y eut rien qui soit oublié, il n'y eut rien non plus qui ne fût entièrement payé. Aussi, éternellement, j'adorerai Celui qui fut mon garant dans cette sombre journée du Mont Calvaire.

"Moi Paul, je l'ai écrit de ma propre main; moi, je payerai, pour ne pas te dire que tu te dois toi-même aussi à moi" (v. 19). Paul n'a pas dicté cette lettre à son secrétaire se contentant de la signer. Il l'a écrite de sa propre main comme l'épître aux Galates. L'affaire était importante. Onésime devait être bien reçu à Colosses. Qu'a dû penser Philémon quand il a lu l'écriture de l'apôtre lui-même? Qu'a-t-il pensé lorsqu'il a lu ces mots: "moi je payerai"? Je suis persuadé que Philémon a dû essuyer ses larmes. C'est vrai, dit Paul, c'est un coupable, mais je prends toutes ses fautes, tous ses crimes entièrement à ma charge. Mais Philémon ne devait pas oublier qu'il se devait lui-même à Paul. Sans doute Philémon fut-il converti par le moyen de l'apôtre et c'est ainsi qu'il se devait à lui. Sur le Calvaire le Seigneur Jésus a réglé la question de mes péchés. Mais il a aussi sauvé la gloire de Dieu. L'oeuvre de la croix a pleinement glorifié Dieu qui est lumière, justice et sainteté. Aussi Dieu doit tout à Christ. Il était juste que Jésus fut élevé au-dessus de tout nom qui se nomme. Le Seigneur a dit: "Le Fils de l'homme est glorifié et Dieu est glorifié en Lui. Si Dieu est glorifié en Lui, Dieu aussi Le glorifiera en Lui-même".

"Ayant de la confiance dans ton obéissance, je t'ai écrit, sachant que tu feras même plus que je ne dis" (v. 21). Onésime trouvera un bon accueil, une cordiale réception auprès de Philémon. L'apôtre Paul savait même que le maître offensé ferait plus que cela pour son esclave. Onésime sera affranchi. Il sera reçu comme serait reçu Paul lui-même. Philémon ne parlera pas du vol, du préjudice, du tort qui lui a été fait. Il ne fera pas même mention de la dette. Et l'esclave sera reçu à la table du Seigneur. Il servira l'assemblée. Quelle grâce! Lecteur, que dites-vous de cela? N'est-ce pas assez d'avoir le pardon de ses péchés, la dette acquittée? Vous et moi aurions pensé que c'était assez de ne pas être jeté en enfer. Dieu en a jugé autrement. Il a voulu nous ouvrir le ciel. Et Jésus est au ciel: là où Il est je serai aussi. Et puis il y aura d'heureuses surprises: les couronnes, les récompenses. Il est écrit: "Il recevra une récompense", et encore "Ma récompense est avec Moi".

"Mais, en même temps, prépare-moi aussi un logement, car j'espère que, par vos prières, je vous serai donné" (v. 22). Cette petite lettre en main, Onésime allait prendre le chemin de Colosses. Qu'était-il écrit dans cette missive? "J'espère que, par vos prières, je vous serai donné". C'est le retour du prisonnier. Onésime caressait l'espoir de voir bientôt l'homme qu'il avait rencontré à Rome et qui l'avait conduit au Seigneur. Il n'avait vu l'apôtre que dans son logement gardé continuellement à vue par un soldat romain. Il attendait maintenant un changement complet de lieu et de circonstances pour celui qui l'avait engendré dans les liens. Ah! quel contraste entre le logis préparé par les soins du très pieux Philémon et le logement qu'il avait loué pour lui (Actes 28:30) dans cette Rome de toutes les infamies.

C'est ainsi que nous attendons le Seigneur. Jésus revient pour chercher les Siens. Il vient sur la nuée et le désir ardent du coeur de Ses bien-aimés est qu'Il ne tarde pas. Alors nous verrons, revêtu de majesté, Celui qui fut outragé et maltraité par ce monde. Nous verrons, cher ami croyant, le Sauveur ressuscité et glorifié. Quand, à la réunion de prières à Colosses, on faisait mention de l'apôtre, Onésime disait un fervent: Amen. Maintenant l'Esprit et l'Épouse disent: "Viens". Et nous avons la certitude que "Celui qui vient viendra, et Il ne tardera pas". "Épaphras, mon compagnon de captivité dans le Christ Jésus, Marc, Aristarque, Démas et Luc mes compagnons d'oeuvre, te saluent. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit" (v. 23-25). L'énumération de ces noms constitue ce que l'on pourrait appeler un petit échantillon du Livre de vie. Puis-je vous demander, cher lecteur, si votre nom est écrit dans le Livre de vie? Si votre nom figure dans ce livre, vous êtes heureux. Le Seigneur a dit: "Réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux" (Luc 10:20). Mais si votre nom n'est pas inscrit, je dois vous avertir que vous serez éternellement perdu.

M.C.

Pécheurs perdus qui dans votre misère

Vers un Dieu saint n'osez lever les yeux,

Venez à Christ: Il révèle le Père,

Le Dieu d'amour qui l'envoya des cieux.

 


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