Qui es-tu?


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 Je reconnais tout de suite et avec la plus entière franchise, qu'une semblable question, habituellement ne se pose pas. La raison en est d'ailleurs fort simple. Cette question constitue une infraction flagrante aux règles les plus élémentaires du savoir vivre et de la politesse. Elle n'est en aucune manière conforme aux convenances et aux usages établis. Aussi les personnes bien élevées dans notre société actuelle sont généralement étrangères à de tels écarts de langage. D'abord, il y a le tutoiement qui présente quelque chose de choquant lorsqu'il se trouve dans la bouche d'un étranger et non dans celle d'un parent ou d'un intime ami. Ensuite, il est bien indiscret de demander à brûle-pourpoint à quelqu'un: "Qui es-tu?" N'est-ce pas pénétrer en intrus dans un domaine strictement privé et sur lequel chacun aime à veiller jalousement? Quel droit a-t-on de s'ingérer et de s'immiscer ainsi dans ce qui est essentiellement personnel?

Lecteur, je dois vous dire que la question constituant le titre de ce traité est tirée des saintes Écritures. C'est Dieu Lui-même qui parle de cette manière par la bouche de son ambassadeur l'apôtre Paul. Ceci met immédiatement et parfaitement toutes choses au point. Dieu peut faire, sans conteste, ce qui est interdit aux hommes. Il peut interroger. Il peut s'informer et s'enquérir. Dieu a un droit irrécusable pour demander à chaque homme: "Qui es-tu?" Ce n'est pas que Dieu ne sache pas qui vous êtes. Le Créateur connaît parfaitement chacune de ses créatures. Aucune d'elles ne Lui a jamais passé inaperçue. Lecteur, Dieu n'ignore pas ce qui vous concerne. Mais Il veut que vous soyez amené à vous examiner et que vous soyez capable de fournir une réponse satisfaisante. Il faut que vous preniez conscience de vous-même, de votre condition réelle, de votre véritable état. Et voilà pourquoi Celui qui appelle toutes choses à l'existence, VOUS DIT AUJOURD'HUI: "Qui es-tu?"

Avant d'aller plus loin, je dois vous dire que l'impolitesse, plus que cela, l'injure, l'outrage consistent, non dans la question, mais dans le fait DE NE PAS Y RÉPONDRE. Réfléchissez à cela, lecteur; c'est Dieu qui vous parle par le moyen de sa divine Parole. Demeureriez-vous silencieux? Dans le monde, quand un supérieur s'adresse à un inférieur, il est de toute évidence que ce dernier est tenu de répondre. La mère recommande journellement la politesse à ses enfants. Aux chefs, le respect est dû. N'est-ce pas avec révérence que l'on doit répondre à ceux qui sont haut placés? Supposez un instant un soldat qui manquerait de respect à un officier. Immédiatement il serait infligé à cet homme une punition sévère. A combien plus forte raison alors, devons-nous répondre et dans un esprit de profonde crainte lorsque Dieu Lui-même nous interroge.

"Qui es-tu?" C'est exactement comme si Dieu disait: "QUI EST L'HOMME A QUI MAINTENANT JE M'ADRESSE?" Quelqu'un conclura peut-être que Dieu nous demande de décliner notre nom, notre âge, en un mot notre état civil avec nos titres et qualités. Non lecteur, Dieu ne nous demande pas si nous sommes ouvriers d'usine ou agriculteurs, employés ou artisans; si nous exerçons une profession libérale ou si nous avons embrassé la carrière militaire. Marin, il se peut que vous sillonnez les océans. Il y a des emplois, des occupations qui sont particulièrement enviés et honorés. Certains occupent de hautes fonctions et il est juste de rendre l'honneur à qui l'honneur est du. Mais ce n'est pas du tout de cela dont il s'agit quand Dieu nous demande: "Qui es-tu?"

C'est dans votre coeur, ami lecteur que vous devez plonger les regards afin d'être à même de répondre. Peut-être quelqu'un murmurera: "Qui suis-je? Hélas! je suis un homme triste et inquiet. Je ne connais pas le bonheur. Pécheur, je m'achemine vers la mort. Le temps me fait la guerre. Déjà il m'a frappé et je me sens tout couvert d'inguérissables blessures." Oh! quelle réponse claire et franche que celle-là! Combien elle est honnête et loyale! C'est vrai, le poignard du temps s'enfonce chaque jour plus profondément dans tous les humains. Vous êtes comme ces malheureux combattants qui furent tout couverts de boue et de sang et qui portaient des blessures par où s'enfuyait la vie. Poignante situation que la vôtre, car vous ajoutez: " je suis un homme perdu, je n'ai pas la paix avec Dieu. Je marche vers l'avenir sans espérance."

Eh bien! lecteur, il y a de l'espoir pour vous. Dieu vous interroge et humblement vous répondez: "Qui suis-je? je suis un homme perdu." Sachez que Dieu veut que vous changiez immédiatement de condition. Vous êtes "perdu". Vous portez en effet un titre bien sombre: "Pécheur perdu". Mais Dieu veut qu'aujourd'hui même vous l'échangiez. Par la miséricorde divine vous pouvez désormais être: "Pécheur sauvé par grâce".

En dépit de tous les compartiments, de toutes les distinctions, des cloisons étanches qui séparent les classes de la société, il n'y a sur la terre que deux catégories de personnes. Il y a les "sauvés" et il y a les "perdus". Tous les hommes par nature sont perdus. Que doivent-ils donc faire pour être éternellement perdus? Rester tout simplement dans l'état dans lequel ils se trouvent présentement. Connaissez-vous la question que fit autrefois un geôlier qui, tout tremblant, s'était jeté aux pieds de l'apôtre Paul et de son compagnon Silas: "Que faut-il que je fasse pour être sauvé?" La réponse qui fut faite à ce geôlier est absolument remarquable: "Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé..." Alors nous lisons que cet homme au coeur dur, ayant entendu la bonne nouvelle du salut, prit Paul et Silas en cette même heure de la nuit et lava leurs plaies. Il les fit monter dans sa maison, et fit dresser une table; et croyant Dieu, il se réjouit avec toute sa maison. Quelle maison heureuse que celle-là! Lecteur, un chrétien est un homme heureux. Il marche vers le ciel, et chaque soir il sait que s'il a fait une lieue, s'il a parcouru une étape, c'est vers la maison du Père qu'il a dirigé ses pas. Oh! combien solennelle est la voix de l'Écriture! Écoutez plutôt: "Si quelqu'un a méprisé la loi de Moïse, il meurt sans miséricorde sur la déposition de deux ou de trois témoins: d'une punition combien plus sévère pensez-vous que sera jugé digne celui qui a foulé aux pieds le Fils de Dieu et qui a estimé profane le sang de l'alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui a outragé l'Esprit de grâce?" Combien est terrible "l'attente" de l'homme perdu! Il connaîtra: "l'ardeur d'un feu qui va dévorer les adversaires."

À cause de tout cela réfléchissez bien, ami lecteur, et à cette question que Dieu maintenant vous adresse: "Mais plutôt, toi, ô homme qui es-tu?" Êtes vous sauvé ou êtes-vous encore perdu? Voyez le Fils de Dieu cloué sur la croix. Les soldats romains sont venus aux brigands crucifiés avec Jésus et leur ont rompu les jambes. Il ne fallait pas que les corps demeurassent sur la croix en un jour de sabbat. "Mais étant venus à Jésus, comme ils virent qu'Il était déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes; mais l'un des soldats lui perça le côté avec une lance; et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau." (Évangile selon Saint Jean, chap. 19, vers. 33 et 34.) Or, l'Écriture déclare que "c'est le sang qui fait propitiation pour l'âme." Et encore: " Le sang de Jésus-Christ... nous purifie de tout péché." Pouvez-vous dire que Jésus vous a lavé de vos péchés dans son sang? Ou bien vous seriez-vous rendu coupable de ce crime inqualifiable: Avez-vous foulé aux pieds le Fils de Dieu? Avez-vous estimé profane le sang de l'alliance? Avez-vous outragé l'Esprit de grâce? Dieu a dit "A moi la vengeance; moi je rendrai, dit le Seigneur" ; et encore: " Le Seigneur jugera son peuple". "C'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant."

En terminant je voudrais vous raconter une histoire. Un père avait un fils qui aimait les mauvaises fréquentations. Aussi pour se cacher plus aisément, je veux dire pour pécher avec plus de liberté, il s'enveloppait des ténèbres de la nuit. Il sortait de la maison paternelle après le repas du soir pour ne regagner le domicile qu'à une heure fort avancée. Un soir le père dit à son fils: "Tu ne sortiras pas ce soir." Le fils répondit: " je sortirai et rien ne m'en empêchera." Alors le père de dire tristement: " Eh! bien, tu passeras sur mon corps." Effectivement c'est ce qui eut lieu. Le père se coucha en travers de la porte et le fils foula aux pieds son pauvre père pour rejoindre ses compagnons de débauche. Lecteur, AVEZ-VOUS FOULÉ AUX PIEDS LE FILS DE DIEU? Oh! répondez à cette solennelle question: Êtes-vous sauvé ou PERDU?

M. C.


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